La primaquine est un antipaludique principalement utilisé pour le traitement et la prévention du paludisme causé par *Plasmodium vivax* et *Plasmodium ovale*. Elle a été développée au milieu du XXe siècle et introduite en pratique clinique dans les années 1950 comme l'un des premiers médicaments efficaces contre les formes hépatiques dormantes (hypnozoïtes) des parasites du paludisme. Son histoire est marquée par son rôle dans l'obtention de la guérison radicale du paludisme à rechutes, réduisant considérablement les taux de récidive. La primaquine agit en ciblant les stades hépatiques et les gamétocytes du parasite, prévenant ainsi les rechutes et la transmission. Elle est utilisée en association avec d'autres antipaludiques et figure dans les directives mondiales de traitement du paludisme.
NOMS COMMERCIAUX
• Phosphate de primaquine – Forme la plus largement utilisée dans de nombreux pays
• Primacip – Disponible dans certaines régions
• Comprimés de primaquine – Forme galénique courante
MÉCANISME D'ACTION
La primaquine agit contre les parasites du paludisme en générant des espèces réactives de l'oxygène (stress oxydatif) qui endommagent les mitochondries et les structures cellulaires du parasite. Elle est particulièrement efficace contre les hypnozoïtes hépatiques de *Plasmodium vivax* et *Plasmodium ovale*, prévenant ainsi les rechutes ; elle agit également sur les gamétocytes, réduisant la transmission du paludisme.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption
La primaquine est rapidement et bien absorbée par le tractus gastro-intestinal après administration orale. Les concentrations plasmatiques maximales sont généralement atteintes en 1 à 3 heures. La prise de nourriture peut légèrement retarder l'absorption, mais ne réduit pas de manière significative la biodisponibilité globale.
Distribution
La primaquine possède un volume de distribution important (environ 2 à 3 L/kg), ce qui indique une distribution tissulaire étendue au-delà du plasma.
Métabolisme
La primaquine est largement métabolisée dans le foie, principalement par les enzymes CYP2D6, en métabolites actifs et inactifs. Ces métabolites sont responsables de son activité antipaludique ainsi que de certains de ses effets toxiques, notamment l'hémolyse chez les sujets prédisposés.
Élimination
La primaquine est éliminée principalement par excrétion urinaire sous forme de métabolites, une faible quantité étant excrétée dans les fèces. Elle présente une demi-vie plasmatique courte, mais ses métabolites peuvent persister et contribuer tant aux effets thérapeutiques qu'aux effets indésirables.
PHARMACODYNAMIE
La primaquine exerce son effet antipaludique en générant des espèces réactives de l'oxygène qui perturbent la fonction mitochondriale et l'intégrité cellulaire du parasite. Elle est active contre les hypnozoïtes hépatiques de *Plasmodium vivax* et *Plasmodium ovale*, permettant une guérison radicale et prévenant les rechutes. Elle agit également sur les gamétocytes, réduisant ainsi la transmission du paludisme.
ADMINISTRATION
La primaquine est administrée par voie orale sous forme de comprimés, généralement une fois par jour au cours d'un repas afin de réduire les troubles gastro-intestinaux. La durée et la posologie dépendent de l'indication (guérison radicale ou blocage de la transmission) et sont ajustées en fonction de facteurs propres au patient, tels que le poids et le statut G6PD, en raison du risque d'hémolyse.
POSOLOGIE ET DOSAGE
La primaquine est couramment disponible sous forme de comprimés de 7,5 mg et 15 mg. Pour la guérison radicale des infections à *Plasmodium vivax* et *Plasmodium ovale*, la posologie habituelle chez l'adulte est de 15 mg de base une fois par jour pendant 14 jours (la dose peut être ajustée en fonction du poids et des recommandations en vigueur). Pour le blocage de la transmission, une dose unique est parfois utilisée. La posologie doit être modifiée chez les patients présentant un déficit en G6PD afin d'éviter l'hémolyse.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
La primaquine peut accentuer l'hémolyse en association avec des médicaments oxydants tels que les sulfamides et la dapsone. Les inhibiteurs ou inducteurs du CYP2D6 peuvent également affecter son activité.
INTERACTIONS ALIMENTAIRES
L'alimentation n'a qu'un effet minime sur l'absorption ; toutefois, la prise de primaquine au cours d'un repas peut réduire les troubles gastriques et améliorer la tolérance.
CONTRE-INDICATIONS
La primaquine est contre-indiquée chez les patients présentant un déficit en G6PD en raison du risque d'anémie hémolytique sévère. Elle est également contre-indiquée pendant la grossesse, l'allaitement (si le statut G6PD du nourrisson est inconnu), ainsi que chez les patients ayant des antécédents d'hypersensibilité sévère au médicament. Son utilisation doit être évitée en cas de troubles hémolytiques sévères ou d'anémie importante.
EFFETS INDÉSIRABLES
• Nausées
• Vomissements
• Douleurs abdominales
• Perte d'appétit
• Céphalées
• Vertiges
• Anémie hémolytique (grave, en particulier en cas de déficit en G6PD)
• Cyanose (rare)
• Méthémoglobinémie (rare)
• Fatigue
SURDOSAGE
Un surdosage peut provoquer une anémie hémolytique, des nausées, des vomissements, des vertiges et, dans les cas sévères, une méthémoglobinémie. Le traitement est symptomatique et de soutien.
TOXICITÉ
La toxicité de la primaquine résulte principalement de dommages oxydatifs infligés aux globules rouges, entraînant une hémolyse, en particulier chez les individus présentant un déficit en G6PD. Cela peut également provoquer une méthémoglobinémie, entraînant une cyanose, une fatigue et un essoufflement. Une toxicité sévère peut conduire à une anémie, une jaunisse et une hypoxie. La prise en charge est symptomatique, reposant sur l'arrêt du traitement et, si nécessaire, une transfusion sanguine.