La phénoxybenzamine est un antagoniste alpha-adrénergique non sélectif à longue durée d'action, développé au milieu du XXe siècle et introduit en médecine pour la prise en charge des affections associées à une activité catécholaminergique excessive. Son histoire est étroitement liée à son efficacité dans le traitement du phéochromocytome, une tumeur de la médullosurrénale provoquant une hypertension sévère due à une libération excessive de noradrénaline et d'adrénaline. La phénoxybenzamine agit en bloquant de manière irréversible les récepteurs alpha-1 et alpha-2 adrénergiques, induisant une vasodilatation prolongée et une diminution de la pression artérielle. Du fait de sa liaison irréversible, ses effets persistent jusqu'à la synthèse de nouveaux récepteurs, ce qui la rend particulièrement utile en préopératoire du phéochromocytome. Au fil du temps, son utilisation est restée spécialisée, principalement en endocrinologie et en chirurgie pour les crises hypertensives liées aux catécholamines.
NOMS COMMERCIAUX
1. Dibenzyline (marque la plus connue)
2. Dibenyline (utilisée dans certaines régions)
3. Chlorhydrate de phénoxybenzamine (formulations génériques)
MÉCANISME D'ACTION
La phénoxybenzamine est un antagoniste alpha-adrénergique non sélectif et irréversible. Elle se lie de manière covalente aux récepteurs alpha-1 et alpha-2 adrénergiques, les inactivant de façon permanente jusqu'à la synthèse de nouveaux récepteurs.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption
Après administration orale, la phénoxybenzamine est bien absorbée, bien que sa biodisponibilité soit variable en raison de l'effet de premier passage hépatique. Son délai d'action est long (1 à 2 heures) et son effet thérapeutique maximal peut prendre plusieurs heures. L'alimentation n'a pas d'incidence significative sur son absorption.
DISTRIBUTION
La phénoxybenzamine se distribue largement dans les tissus et est très liposoluble. Elle se lie fortement aux protéines plasmatiques. Du fait de sa liaison irréversible aux récepteurs, ses effets pharmacologiques persistent longtemps après la diminution de sa concentration plasmatique.
Métabolisme
Le médicament est métabolisé dans le foie en métabolites inactifs. Le métabolisme hépatique joue un rôle important dans son élimination, bien que ses effets pharmacologiques soient indépendants de sa concentration plasmatique en raison de sa liaison irréversible aux récepteurs.
Élimination
La phénoxybenzamine et ses métabolites sont principalement excrétés dans l'urine et, dans une moindre mesure, dans la bile. La durée d'action est prolongée (jusqu'à 24 à 48 heures, voire plus) grâce au blocage irréversible des récepteurs alpha, plutôt qu'à une élimination lente.
PHARMACODYNAMIE
La phénoxybenzamine est un antagoniste alpha-adrénergique non sélectif et irréversible qui bloque les récepteurs alpha-1 et alpha-2. Ceci empêche la vasoconstriction induite par les catécholamines, entraînant une vasodilatation et une réduction des résistances vasculaires périphériques, et par conséquent une diminution de la pression artérielle. Le blocage des récepteurs alpha-2 pouvant également induire une augmentation de la libération de noradrénaline, susceptible de provoquer une tachycardie réflexe. Sa liaison irréversible produit des effets prolongés jusqu'à la synthèse de nouveaux récepteurs.
ADMINISTRATION
La phénoxybenzamine est administrée par voie orale sous forme de gélules. Elle est couramment utilisée en préopératoire dans la prise en charge du phéochromocytome et occasionnellement dans les états d'excès chronique de catécholamines. La posologie initiale est généralement faible et augmentée progressivement afin d'obtenir un contrôle tensionnel adéquat.
POSOLOGIE ET CONCENTRATION
La dose initiale est généralement de 10 mg une ou deux fois par jour, augmentée progressivement tous les quelques jours. Les doses d'entretien peuvent varier de 20 à 100 mg par jour, en fonction de la réponse du patient et du contrôle tensionnel.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
La phénoxybenzamine peut interagir avec les antihypertenseurs, entraînant une hypotension additive. Elle peut également potentialiser les effets des vasodilatateurs, de l'alcool et des dépresseurs du SNC, augmentant ainsi les vertiges ou l'hypotension orthostatique. La prudence est de mise en cas d'utilisation concomitante de bêta-bloquants, qui peuvent aggraver la tachycardie réflexe si le blocage alpha est insuffisant.
INTERACTIONS ALIMENTAIRES
Il n'y a pas de restrictions alimentaires majeures, mais la consommation d'alcool est déconseillée en raison du risque accru d'hypotension et de vertiges.
CONTRE-INDICATIONS
Les contre-indications incluent l'hypersensibilité à la phénoxybenzamine et les affections où une hypotension importante représente un danger. La prudence est de mise chez les patients atteints de coronaropathie ou d'instabilité cardiovasculaire sévère.
EFFETS INDÉSIRABLES
Les effets indésirables fréquents comprennent l'hypotension orthostatique, la congestion nasale, les vertiges, la fatigue et la tachycardie. Certains patients peuvent présenter un myosis, des nausées ou des troubles de l'éjaculation dus au blocage alpha-adrénergique.
SURDOSAGE
Un surdosage de phénoxybenzamine entraîne principalement un blocage alpha-adrénergique excessif et prolongé, provoquant une hypotension sévère. Les patients peuvent présenter des vertiges, des évanouissements, une vision trouble, une faiblesse et un collapsus orthostatique dus à une vasodilatation marquée. Une tachycardie réflexe peut également survenir, l'organisme tentant de compenser l'hypotension. Dans les cas graves, un choc, une diminution de la perfusion des organes et une instabilité cardiovasculaire peuvent se développer.
TOXICITÉ
Un surdosage de phénoxybenzamine peut provoquer une hypotension sévère, une tachycardie réflexe, des vertiges, des évanouissements et, dans les cas extrêmes, un choc. La prise en charge est principalement symptomatique et comprend une hydratation intraveineuse et des perfusions.