L'imipramine est un antidépresseur tricyclique (ATC) développé pour la première fois dans les années 1950 et approuvé pour un usage médical à la fin de cette même décennie. Son histoire est remarquable, car elle figure parmi les tout premiers traitements efficaces contre le trouble dépressif majeur, contribuant ainsi à établir la pharmacothérapie comme approche thérapeutique pour les affections psychiatriques. L'imipramine a également été utilisée pour traiter le trouble panique, l'énurésie chez l'enfant et certaines affections douloureuses chroniques. Son développement a marqué une avancée majeure en psychopharmacologie, de vastes essais cliniques ayant démontré son efficacité et sa tolérabilité. Au fil du temps, la prise de conscience des effets indésirables potentiels tels que la toxicité cardiaque en cas de surdosage et les effets secondaires anticholinergiques a conduit à l'élaboration de directives rigoureuses concernant la posologie et la surveillance des patients. L'imipramine demeure un médicament de référence important en psychiatrie ; elle est intégrée à diverses thérapies combinées et protocoles de traitement de la dépression et des troubles associés.

NOMS COMMERCIAUX

  1. Tofranil – la forme en comprimé oral la plus largement connue

  2. Tofranil-PM – formulation à libération prolongée permettant une administration en une seule prise quotidienne

  3. Imavaté

  4. Janimine

  5. Déprinol

  6. Pramin

MÉCANISME D'ACTION

L'imipramine est un antidépresseur tricyclique (ATC) qui agit principalement en inhibant la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine (5-HT) au niveau des terminaisons nerveuses présynaptiques. Ce mécanisme entraîne une augmentation des concentrations de ces neurotransmetteurs dans la fente synaptique, favorisant ainsi la neurotransmission et améliorant l'humeur chez les patients souffrant de dépression.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'imipramine est bien absorbée par voie orale, les concentrations plasmatiques maximales étant généralement atteintes 2 à 6 heures après l'administration. Sa biodisponibilité varie de 30 % à 60 %, en raison d'un important métabolisme de premier passage hépatique.

Distribution

Après son absorption, l'imipramine se distribue largement dans l'ensemble de l'organisme. Elle est fortement liée aux protéines plasmatiques (à 90-95 %) et franchit aisément la barrière hémato-encéphalique, propriété essentielle à l'exercice de ses effets sur le système nerveux central.

Métabolisme

L'imipramine subit un métabolisme hépatique intense, principalement via le système enzymatique du cytochrome P450, et plus particulièrement l'isoenzyme CYP2D6. Elle est métabolisée en plusieurs métabolites, actifs ou inactifs ; le plus notable d'entre eux est la désipramine, qui constitue elle-même un antidépresseur tricyclique doté d'une activité noradrénergique.

Élimination

L'imipramine et ses métabolites sont principalement éliminés par voie rénale. Seule une faible fraction de la molécule mère est excrétée sous forme inchangée dans les urines ; la majeure partie est éliminée sous forme de métabolites. 

PHARMACODYNAMIQUE

L'imipramine exerce ses effets antidépresseurs en inhibant la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine au niveau des terminaisons nerveuses présynaptiques, ce qui entraîne une augmentation des taux de neurotransmetteurs dans la fente synaptique et une amplification de la signalisation neuronale. Il en résulte une amélioration de l'humeur, une réduction de l'anxiété et un soulagement des symptômes dépressifs.

ADMINISTRATION

L'imipramine est administrée par voie orale sous forme de comprimés à libération immédiate ou à libération prolongée. Les comprimés à libération immédiate sont généralement pris 1 à 3 fois par jour, avec ou sans nourriture, tandis que les formulations à libération prolongée sont prises une fois par jour, généralement au coucher, afin de minimiser la sédation diurne. Les comprimés doivent être avalés entiers, car le fait d'écraser ou de mâcher les formes à libération prolongée peut augmenter le risque d'effets indésirables. Des ajustements posologiques peuvent s'avérer nécessaires chez les patients âgés ou ceux présentant une insuffisance hépatique ou rénale, afin de garantir la sécurité et l'efficacité du traitement.

POSOLOGIE ET ​​DOSAGE

Le traitement par imipramine est généralement instauré à une dose de 75 mg par jour chez l'adulte, répartie en deux ou trois prises pour les comprimés à libération immédiate, ou administrée en une seule prise quotidienne pour les formulations à libération prolongée. Les doses d'entretien varient généralement de 100 à 200 mg par jour, avec un maximum de 300 mg par jour dans les cas sévères. Chez l'enfant, notamment dans le cadre du traitement de l'énurésie, les doses varient de 25 à 75 mg par jour, en fonction de l'âge et du poids.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'imipramine présente un potentiel élevé d'interactions médicamenteuses en raison de sa métabolisation par le CYP2D6 et de ses effets sur le système nerveux central. L'utilisation concomitante d'inhibiteurs de la MAO peut entraîner un syndrome sérotoninergique sévère ou des crises hypertensives, nécessitant le respect d'un délai de sevrage (période sans traitement) de 14 jours. L'association de l'imipramine à d'autres médicaments sérotoninergiques tels que les ISRS, les IRSNA ou les triptans augmente également le risque de syndrome sérotoninergique. Les médicaments inhibant le CYP2D6, notamment la fluoxétine, la paroxétine ou la quinidine, peuvent augmenter les concentrations plasmatiques d'imipramine et accroître le risque de toxicité.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'imipramine présente des interactions minimes avec les aliments ; les comprimés peuvent donc être pris au cours ou en dehors des repas. La prise du médicament avec de la nourriture peut contribuer à atténuer les troubles gastro-intestinaux, tels que les nausées. Contrairement aux inhibiteurs de la MAO, l'imipramine n'impose aucune restriction alimentaire concernant la tyramine ; par conséquent, les aliments courants tels que le fromage, la charcuterie et les produits fermentés peuvent généralement être consommés sans risque. Cependant, l'alcool doit être évité ou limité, car il peut accentuer la sédation, altérer la coordination et accroître la dépression du système nerveux central.

CONTRE-INDICATIONS

L'imipramine est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue aux antidépresseurs tricycliques. Elle ne doit pas être utilisée de manière concomitante avec des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), ni dans les 14 jours suivant l'arrêt d'un traitement par IMAO, en raison du risque de crises hypertensives sévères ou de syndrome sérotoninergique. L'imipramine est également contre-indiquée chez les personnes ayant récemment subi un infarctus du myocarde, présentant des arythmies non contrôlées ou souffrant d'une maladie cardiovasculaire sévère, car elle peut exacerber les troubles de la conduction cardiaque.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Sécheresse buccale

  • Constipation

  • Vision trouble

  • Somnolence ou sédation

  • Prise de poids

  • Rétention urinaire

SURDOSAGE

Le surdosage d'imipramine constitue une urgence grave et potentiellement mortelle, car il affecte le cœur, le cerveau et le système nerveux. Appartenant à la classe des antidépresseurs tricycliques, une prise excessive peut rapidement entraîner l'apparition de symptômes tels que somnolence, confusion, accélération ou irrégularité du rythme cardiaque, vomissements et agitation ; ces manifestations peuvent évoluer vers des convulsions, des arythmies cardiaques sévères, une hypotension, un coma, voire le décès.

TOXICITÉ

L'imipramine peut s'avérer toxique en cas de surdosage, présentant une marge thérapeutique étroite caractéristique des antidépresseurs tricycliques. La toxicité aiguë affecte principalement les systèmes cardiovasculaire et nerveux central, provoquant des arythmies, une hypotension, des convulsions et une dépression du système nerveux central, pouvant mettre la vie en danger. D'autres manifestations peuvent inclure une hyperthermie, une dépression respiratoire et des effets anticholinergiques tels que la confusion et la rétention urinaire. Une toxicité chronique ou cumulative peut survenir chez les patients présentant une insuffisance hépatique ou rénale, nécessitant une surveillance attentive et un ajustement de la posologie.

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Numéro CAS
50-49-7
Autre numéro CAS
113-52-0(HCl Salt); 10075-24-8(Pamoate Salt)
Numéro CAS
Imipramine STD-50-49-7; 113-52-0(HCl Salt);10075-24-8(Pamoate Salt): IMP-B-303-54-8; 58262-51-4(HCl Salt)