La griséofulvine est un antifongique découvert en 1939 à partir du champignon Penicillium griseofulvum et introduit en pratique clinique en 1958. Elle est principalement utilisée pour le traitement des infections à dermatophytes touchant la peau, les cheveux et les ongles, telles que le tinea capitis, le tinea corporis, le tinea pedis et le tinea unguium. La griséofulvine agit en inhibant la division cellulaire fongique (mitose) par perturbation de la fonction des microtubules, ce qui en fait un agent fongistatique plutôt que fongicide. Elle possède la particularité de se lier à la kératine des tissus nouvellement formés (peau, cheveux, ongles), protégeant ainsi ces tissus contre l’invasion fongique au fur et à mesure de leur croissance. Bien que des antifongiques plus récents aient réduit son utilisation, elle reste utile dans certains cas, notamment dans les infections dermatophytiques chroniques et chez l’enfant.
NOMS COMMERCIAUX
Gris-PEG (ultramicronisé)
Grifulvin V (microsize)
Grisactin (500 ou Ultra)
Fulvicin P/G ou Fulvicin U/F
Grisovin-FP (courant dans certains marchés)
MÉCANISME D’ACTION
La griséofulvine agit en inhibant la division cellulaire fongique (mitose). Elle se lie aux microtubules fongiques et interfère avec la formation du fuseau mitotique en affectant la fonction de la tubuline, empêchant ainsi la séparation correcte des chromosomes. Cela entraîne un effet fongistatique, stoppant la croissance des dermatophytes. Le médicament se dépose également dans les cellules précurseurs de la kératine de la peau, des cheveux et des ongles, rendant les tissus nouvellement formés résistants à l’infection fongique.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption : Faible et variable par voie orale ; fortement améliorée lorsqu’elle est prise avec des repas riches en graisses.
Distribution : Large distribution dans les tissus riches en kératine (peau, cheveux, ongles) ; forte affinité pour les cellules précurseurs de la kératine, assurant une action antifongique ciblée.
Métabolisme : Métabolisme hépatique principalement par déméthylation et conjugaison (induction enzymatique hépatique également).
Élimination : Principalement excrétée dans les urines sous forme de métabolites ; une petite quantité est éliminée dans les selles.
PHARMACODYNAMIE
La griséofulvine a une action fongistatique, ce qui signifie qu’elle inhibe la croissance des champignons plutôt que de les tuer directement. Elle agit en se liant aux microtubules fongiques et en perturbant la formation du fuseau mitotique, bloquant ainsi la division cellulaire des dermatophytes. Son effet est surtout marqué sur les cellules fongiques en croissance active. De plus, elle s’accumule dans les cellules précurseurs de la kératine et est progressivement incorporée dans la kératine, rendant les tissus nouvellement formés résistants à l’infection.
ADMINISTRATION
La griséofulvine est administrée par voie orale. Son absorption gastro-intestinale est meilleure lorsqu’elle est prise avec un repas gras ou du lait. Elle est généralement administrée en doses fractionnées selon la gravité de l’infection. Comme elle s’accumule dans les tissus kératinisés, le traitement est prolongé, durant plusieurs semaines à plusieurs mois jusqu’au remplacement complet des tissus infectés.
POSOLOGIE ET DOSAGES
La griséofulvine est administrée par voie orale à des doses qui dépendent de l'infection et de l'âge du patient. Chez les adultes, la dose habituelle varie de 500 mg à 1 000 mg par jour en une ou deux prises fractionnées, tandis que chez les enfants, elle est généralement de 10 à 20 mg/kg/jour (des doses plus élevées peuvent être utilisées en cas d'infections graves). Il est disponible en comprimés de 125 mg, 250 mg et 500 mg, ainsi qu'en suspensions buvables. La forme ultramicroscopique permet une meilleure absorption et peut nécessiter des doses plus faibles. Le traitement est généralement prolongé, de plusieurs semaines à plusieurs mois, selon le site de l'infection.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
La griséofulvine a plusieurs interactions médicamenteuses importantes, principalement en raison de sa capacité à induire les enzymes microsomales hépatiques (CYP450). Il peut réduire l'efficacité de médicaments tels que la warfarine, les contraceptifs oraux et la cyclosporine en augmentant leur métabolisme. La consommation d'alcool peut provoquer une réaction semblable à celle du disulfirame (bouffées vasomotrices, maux de tête, nausées), elle doit donc être évitée. Les barbituriques peuvent diminuer leur effet antifongique en augmentant leur métabolisme
INTERACTIONS ALIMENTAIRES
La griséofulvine a une interaction alimentaire importante : son absorption est considérablement augmentée lorsqu'elle est prise avec des repas gras ou riches en graisses (comme le lait, le beurre ou les aliments gras). En effet, le médicament est peu soluble dans l’eau et les graisses améliorent son absorption gastro-intestinale.
CONTRE-INDICATIONS
La griséofulvine est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité au médicament ou à l'un de ses composants. Il ne doit pas être utilisé pendant la grossesse car il a des effets tératogènes potentiels, et il est également évité en cas d'insuffisance hépatique sévère car il est métabolisé dans le foie. Il est contre-indiqué chez les patients atteints de porphyrie car il peut précipiter des crises aiguës. La prudence est également recommandée chez les personnes ayant des antécédents de lupus érythémateux disséminé (LED), car cela peut exacerber les symptômes.
EFFETS SECONDAIRES
Gastro-intestinaux : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, brûlures d’estomac.
Neurologiques : céphalées (très fréquentes), vertiges, fatigue.
Cutanés/allergiques : éruptions cutanées, urticaire, prurit.
SURDOSAGE
Le surdosage est rare et entraîne principalement des symptômes gastro-intestinaux et neurologiques : nausées, vomissements, diarrhée, céphalées, vertiges, confusion et parfois des réactions cutanées ou une photosensibilité.
TOXICITÉ
La toxicité est rare et survient généralement lors d’un traitement prolongé ou à forte dose. Elle affecte principalement le système nerveux central et le foie, entraînant des céphalées, vertiges, confusion et parfois une hépatotoxicité.