Le proguanil, un antipaludique utilisé pour prévenir et traiter le paludisme, a été développé au milieu du XXe siècle et est largement utilisé depuis de nombreuses années. Il est efficace contre les parasites du paludisme, en particulier lorsqu'il est associé à d'autres médicaments tels que l'atovaquone. Le proguanil agit en interférant avec la capacité du parasite à se développer et à se multiplier dans l'organisme. Il est couramment utilisé dans le cadre de thérapies combinées afin d'améliorer le succès du traitement et de réduire la résistance. Au fil du temps, sa sécurité et son efficacité ont fait l'objet d'études approfondies, ce qui en fait une option fiable pour la prévention et le traitement du paludisme dans de nombreuses régions du monde.

NOMS COMMERCIAUX

  1. Paludrine : largement utilisé pour la prophylaxie et le traitement du paludisme.

  2. Malarone (il s'agit d'une association de proguanil et d'atovaquone).

MÉCANISME D'ACTION

Le proguanil agit en stoppant la croissance des parasites du paludisme dans l'organisme. Après son absorption, il est converti en une forme active appelée cycloguanil, qui bloque une enzyme essentielle (la dihydrofolate réductase) dont le parasite a besoin pour synthétiser son ADN et se multiplier. Sans ce processus, le parasite ne peut ni croître ni se reproduire, ce qui contribue à la prévention et au traitement du paludisme.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

Le proguanil est bien absorbé par l'estomac après une administration par voie orale. Il pénètre aisément dans la circulation sanguine, et l'alimentation n'a pas d'incidence significative sur son absorption. Le médicament atteint des concentrations efficaces dans le sang en l'espace de quelques heures.

Distribution

Le proguanil se distribue largement dans tout l'organisme après son absorption. Il peut pénétrer dans les tissus corporels, notamment le foie et les globules rouges, sites où résident les parasites du paludisme. Cette large distribution favorise l'action efficace du médicament contre le parasite.

Métabolisme

Le proguanil est métabolisé dans le foie, où il est converti en sa forme active, le cycloguanil, sous l'action d'enzymes hépatiques (principalement le CYP2C19). C'est cette forme active qui est responsable de l'élimination du parasite du paludisme, bien qu'une certaine quantité de médicament sous forme inchangée subsiste également dans l'organisme.

Élimination

Le proguanil est principalement éliminé de l'organisme par les reins, via les urines. Une faible quantité est également excrétée dans les fèces. Le médicament sous forme inchangée ainsi que ses métabolites sont progressivement éliminés au fil du temps.

PHARMACODYNAMIE

Le proguanil agit en interférant avec la capacité du parasite du paludisme à synthétiser son ADN et à se développer. Son métabolite actif (le cycloguanil) bloque l'enzyme dihydrofolate réductase (DHFR), laquelle est essentielle au métabolisme des folates chez le parasite. En l'absence de cette enzyme, le parasite ne peut se multiplier ; l'infection est ainsi contrôlée ou prévenue.

ADMINISTRATION

Le proguanil s'administre par voie orale, sous forme de comprimés. Il est généralement pris une fois par jour, souvent à la même heure chaque jour. Dans le cadre de la prévention du paludisme, le traitement est instauré avant le voyage vers des zones d'endémie palustre ; il est poursuivi pendant toute la durée de l'exposition, ainsi que pendant une courte période après le départ de la zone concernée. Il est également couramment utilisé en association avec d'autres médicaments antipaludiques.

POSOLOGIE ET ​​DOSAGE

Pour la prévention du paludisme, le proguanil est généralement pris par voie orale, une fois par jour. La posologie habituelle chez l'adulte est de 200 mg par jour ; le traitement débute 1 à 2 jours avant l'entrée dans une zone d'endémie palustre, se poursuit durant toute l'exposition et pendant environ 7 jours après le départ de la zone. Chez l'enfant, la posologie est ajustée en fonction du poids corporel, généralement à raison d'environ 3 mg/kg par jour, sans toutefois dépasser la dose maximale recommandée pour l'adulte. Ce médicament est également utilisé en association avec d'autres antipaludiques  tels que l'atovaquone  dans le cadre de traitements à doses fixes.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Le proguanil peut interagir avec des médicaments agissant sur les enzymes hépatiques, en particulier ceux impliqués dans le métabolisme via le CYP2C19, ce qui est susceptible d'altérer son efficacité. Toutefois, les interactions cliniquement significatives demeurent généralement limitées par rapport à celles de nombreux autres antipaludiques.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

Le proguanil peut être pris au cours ou en dehors des repas. La prise concomitante avec de la nourriture peut contribuer à atténuer les troubles gastriques chez certains patients ; toutefois, l'alimentation n'a pas d'incidence significative sur l'absorption ou l'efficacité du médicament.

CONTRE-INDICATIONS

Le proguanil ne doit pas être utilisé chez les personnes présentant une hypersensibilité avérée à ce médicament. La prudence est de mise chez les patients souffrant d'insuffisance rénale ou hépatique sévère, car l'élimination du médicament pourrait s'en trouver altérée.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Nausées

  • Vomissements

  • Douleurs ou inconfort gastrique

  • Céphalées (maux de tête)

  • Diarrhée

  • Généralement légers et transitoires

SURDOSAGE

Le surdosage en proguanil est un événement rare ; il peut néanmoins se manifester par des symptômes tels que nausées, vomissements, vertiges, inconfort abdominal et sensation de faiblesse générale. Dans la plupart des cas, le traitement est symptomatique : il vise principalement à soulager les symptômes et à assurer une hydratation adéquate, la survenue d'une toxicité grave étant exceptionnelle aux doses recommandées. 

TOXICITÉ

Le proguanil est généralement bien toléré, mais des doses très élevées peuvent provoquer des symptômes gastro-intestinaux et une surcharge hépatique. Une toxicité grave est rare lors d'une utilisation aux doses recommandées.