Le melphalan, un agent alkylant utilisé dans le traitement de divers cancers tels que le myélome multiple et le carcinome ovarien, a été développé dans les années 1950 dans le cadre des premières recherches sur les dérivés des moutardes à l'azote pour la thérapie anticancéreuse. Il a été introduit en pratique clinique dans les années 1960 et est devenu un agent chimiothérapeutique important en raison de son efficacité à cibler les cellules à division rapide. Le melphalan agit en créant des liaisons croisées entre les brins d'ADN, inhibant ainsi la réplication et la transcription de l'ADN, ce qui entraîne la mort cellulaire. Il est largement utilisé en oncologie, en particulier dans les protocoles à haute dose pour la greffe de moelle osseuse et dans les thérapies combinées pour les hémopathies malignes. Au fil du temps, son rôle s'est élargi au sein des protocoles de traitement du cancer, soutenu par des études cliniques démontrant son efficacité, notamment dans le cas du myélome multiple.

NOMS COMMERCIAUX

  1. Alkeran (la marque la plus connue)

  2. Evomela (utilisé notamment pour les formulations intraveineuses)

MÉCANISME D'ACTION

Le melphalan est un agent alkylant bifonctionnel de la classe des moutardes à l'azote qui exerce son effet cytotoxique en formant des liaisons covalentes avec l'ADN. Il alkyle principalement la position N7 des bases guanine, conduisant à la formation de liaisons croisées intra- et interbrins de l'ADN.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

Le melphalan est absorbé de manière variable après administration orale, avec une biodisponibilité variant d'environ 25 à 50 %, en raison de son instabilité dans le tractus gastro-intestinal et d'un métabolisme de premier passage. Les concentrations plasmatiques maximales sont généralement atteintes entre 0,5 et 2 heures après l'administration orale.

Distribution

Le melphalan présente un volume de distribution relativement modéré, généralement rapporté dans la plage de 0,5 à 1,0 L/kg, ce qui indique une distribution au-delà du plasma vers les tissus corporels. Il présente une liaison modérée aux protéines plasmatiques (environ 60 à 90 %), principalement à l'albumine.

Métabolisme

Le melphalan subit un métabolisme hépatique minime par rapport à de nombreux autres agents alkylants. Une partie du médicament est spontanément dégradée dans le plasma et les tissus par hydrolyse en métabolites inactifs.

Élimination

Le melphalan est éliminé principalement par excrétion rénale, une proportion significative du médicament et de ses métabolites étant excrétée dans les urines. Une fraction plus faible peut être éliminée par des voies non rénales, notamment par dégradation spontanée dans le plasma et les tissus. 

PHARMACODYNAMIQUE

Le melphalan est un agent alkylant bifonctionnel qui exerce ses effets cytotoxiques en formant des intermédiaires réactifs de type éthylèneimmonium, lesquels alkylent l'ADN, principalement en position N7 de la guanine. Ce processus conduit à la formation de pontages intercaténaires et intracaténaires de l'ADN, perturbant ainsi la réplication et la transcription de l'ADN. Les dommages causés à l'ADN qui en résultent empêchent la division cellulaire normale et déclenchent l'apoptose, en particulier au sein des cellules malignes à division rapide.

ADMINISTRATION

Le melphalan est administré soit par voie orale sous forme de comprimés, soit par voie intraveineuse sous forme d'injection ou de perfusion. Le melphalan oral doit être pris à jeun afin d'en améliorer l'absorption ; les comprimés sont généralement avalés entiers avec de l'eau, sans être ni cassés ni croqués. L'administration intraveineuse est utilisée dans le cadre de protocoles de chimiothérapie à haute dose, notamment lors des protocoles de conditionnement précédant une greffe de cellules souches, et permet un dosage précis sous surveillance médicale.

POSOLOGIE ET ​​DOSAGE

Le melphalan est disponible sous forme de comprimés oraux de 2 mg et de formulations pour usage intraveineux (poudre lyophilisée, généralement conditionnée en flacons de 50 mg). La posologie varie considérablement en fonction de l'indication et du protocole thérapeutique. Dans le traitement du myélome multiple, la dose orale habituelle est de 0,15 mg/kg/jour pendant 4 jours, un cycle répété toutes les 4 à 6 semaines, souvent en association avec d'autres agents.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Le melphalan peut interagir avec d'autres agents myélosuppresseurs, tels que le cyclophosphamide, le busulfan ou d'autres médicaments cytotoxiques, entraînant une myélosuppression additive (par ex., un risque accru de leucopénie, de thrombocytopénie et d'anémie). L'utilisation concomitante avec une radiothérapie peut également exacerber la toxicité hématologique.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'alimentation influe de manière significative sur l'absorption du melphalan oral. Lorsqu'il est pris au cours d'un repas — en particulier un repas riche en graisses —, l'absorption du melphalan est réduite et retardée, ce qui se traduit par des concentrations plasmatiques plus faibles et plus variables.

CONTRE-INDICATIONS

Le melphalan est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue au melphalan ou à d'autres agents alkylants. Il ne doit pas être utilisé chez les sujets souffrant d'une myélosuppression sévère, à moins que le bénéfice potentiel ne l'emporte sur les risques, en raison de ses puissants effets myélosuppresseurs. Son utilisation est généralement proscrite durant la grossesse, car le produit est tératogène et susceptible de nuire au fœtus.

 EFFETS SECONDAIRES

  • Dépression médullaire (le plus fréquent ; entraîne anémie, leucopénie, thrombocytopénie)

  • Risque accru d'infections dû à l'immunosuppression

  • Nausées et vomissements

  • Diarrhée

  • Ulcérations buccales (stomatite)

  • Perte d'appétit (anorexie)

  • Chute des cheveux (alopécie)

SURDOSAGE

Un surdosage en melphalan peut entraîner une toxicité sévère, potentiellement mortelle, principalement due à une profonde dépression médullaire. Les symptômes peuvent inclure une leucopénie sévère, une thrombocytopénie, une anémie, une susceptibilité accrue aux infections, une tendance aux saignements et une mucite.

TOXICITÉ

La toxicité du melphalan est principalement liée à la dose et affecte de manière prédominante la moelle osseuse, entraînant une myélosuppression sévère qui se manifeste par une leucopénie, une thrombocytopénie et une anémie. Cela accroît le risque d'infections potentiellement mortelles, de saignements et de fatigue.

Image
slide.1
Numéro CAS
Melphalan STD-148-82-3; 3223-07-2(HCl Salt): IMP-B-1270153-04-2: IMP-D-61733-01-5; 1818258-86-4(HCl Salt): IMP-G-2238824-43-4;2238824-44-5(HCl Salt): IMP-H-88457-23-2; 62978-52-3(HCl Salt): IMP-I-573704-40-2: IMP-J-2724549-95-3
Numéro CAS
148-82-3
Autre numéro CAS
3223-07-2(HCl Salt)